Jeudi 31 juillet 2008
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Encouragée par les professionnels et mon entourage je décide
de créer une ligne de vêtements pour femmes rondes axée sur des coupes simples adaptées qui soulignent le corps, qui valorisent les formes des matières souples et naturelles, des couleurs
tendances et unies.
Balayés les imprimés dévalorisants, oubliés les «
sacs à patates ».
Mais au-delà du vêtement, je comprends que le combat est
réel et brutal.
Restaurer le statut de l’image de la femme ronde par le
vêtement car c’est bien à ce niveau que se situe le problème.
Depuis que la société française (entre autre) fait
l’apologie de la minceur, la femme ronde est laissée pour compte. Son corps, son esprit son état même d’être humain est nié. Elle est physiquement imposante mais en réalité, elle est
transparente. Elle ne dérange pas elle n’interpelle pas, elle n’intéresse pas, elle n’existe pas !
La société de consommation ne prend pas ses besoins en
compte et pourtant, comme tout le monde, elle aspire à être belle, séduisante, sensuelle mais aussi banale et commune. Elle aimerait passer incognito dans la normalité d’une société ouverte et
intelligente.
Comme tout le monde elle veut s’habiller, se maquiller, se
faire conseiller sans avoir à essuyer les moqueries à peine voilées ou le mépris des vendeuses indélicates. Elle veut conduire, voyager en train ou en avion, s’asseoir à une terrasse de café dans
des chaises confortables et solides, manger un sandwich dans la rue ou déguster une glace à trois boules dégoulinante de chantilly sans attirer les foudres des passants dégoûtés, utiliser les
transports en commun sans être soupçonnées d’être la cause des restrictions de places assises, aller au cinéma, au théâtre ou à l’opéra sans être gênée par les fourmillements symptomatiques d’une
oppression durable d’une partie du corps…
Tous ces lieux sont inadaptés à sa morphologie.
La femme ronde souffre. La plupart du temps elle subit
impuissante son état car être grosse n’est pas un choix ni une fatalité d ‘ailleurs. Elle peut, grâce à l’acceptation d’une société plus tolérante plus innovante, vivre heureuse
avec ses kilos "en trop".
L’obésité et la rondeur sont une réalité morphologique qu’il
ne faut pas négliger. Malgré les progrès scientifiques et la médecine qui tendent à reconnaître celle-ci comme une maladie et une injustice devant la nourriture, on n’a pas encore trouvé la
solution pour maigrir instantanément.
Le regard de la société sur l’obésité est négatif et moqueur
illustré de clichés dégradants tels que : le gros se laisse aller, on ne peut pas lui faire confiance ou bien le gros n’a pas de volonté.
Mais le plus terrible dans cet acharnement c’est le regard
de la femme ronde sur son propre corps sa propre condition d’être humain qui va demander le plus de travail : il va falloir exercer un déconditionnement tout en douceur.
Mes intentions, outre celles de créer et vivre de mon
entreprise, sont d’ouvrir un nouveau créneau pour répondre aux besoins essentiels des femmes qui auront décidé et choisi d’être belles et heureuses avec leurs rondeurs.
Assistée de mon savoir-faire et de ma
passion, j'essaye d'aider ces femmes à reprendre confiance en elles, à trouver le plaisir de s’admirer dans un miroir, à appréhender une nouvelle image de leur corps et une autre façon
de s'habiller.